La Bible de Jérusalem


Job, chapitre 17

Jb 17:1-Mon souffle en moi s'épuise et les fossoyeurs pour moi s'assemblent.
Jb 17:2-Je n'ai pour compagnons que des railleurs, dont la dureté obsède mes veilles.
Jb 17:3-Place donc toi-même ma caution près de toi, car lequel voudrait toper dans ma main ?
Jb 17:4-Tu as fermé leur cœur à la raison, aussi tu ne les laisseras pas triompher.
Jb 17:5-Tel celui qui invite des amis à un partage, quand les yeux de ses fils languissent,
Jb 17:6-je suis devenu la fable des gens, quelqu'un à qui l'on crache au visage.
Jb 17:7-Mes yeux s'éteignent de chagrin, tous mes membres sont comme l'ombre.
Jb 17:8-A cette vue, les hommes droits restent stupéfaits, l'innocent s'indigne contre l'impie;
Jb 17:9-le juste s'affermit dans ses voies, l'homme aux mains pures redouble d'énergie.
Jb 17:10-Allons, vous tous, revenez à la charge, et je ne trouverai pas un sage parmi vous!
Jb 17:11-Mes jours ont fui, avec mes projets, et les fibres de mon cœur sont rompues.
Jb 17:12-On veut faire de la nuit le jour; la lumière serait plus proche que les ténèbres.
Jb 17:13-Or mon espoir, c'est d'habiter le shéol, d'étendre ma couche dans les ténèbres.
Jb 17:14-Je crie au sépulcre : " Tu es mon père! " à la vermine : " C'est toi ma mère et ma sœur! "
Jb 17:15-Où donc est-elle, mon espérance ? et mon bonheur, qui l'aperçoit ?
Jb 17:16-Vont-ils descendre à mes côtés au shéol, sombrer de même dans ma poussière ?

© Les Éditions du Cerf 1997